Le seawatching : des données sur les oiseaux de mer par tous les temps, très standardisées et d’un coût raisonnable. Eléments de comparaison avec les sorties en mer. Contexte local du projet Offshore BNO prévu au large de l’île de Batz.

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Le seawatching : des données standardisées sur les flux actifs et météo dépendants pour un coût modique

CONTEXTE LOCAL : Projet de production d’électricité éolien Bretagne Nord-Ouest au nord de l’île de Batz

Le seawatching n’a pas été retenu comme moyen dans les pré-études commandées par la DREAL Bretagne pour étudier l’avifaune marine présent dans la zone d’implantation « Bretagne Nord-Ouest » malgré toutes ses qualités et la complémentarité avec l’observation en mer et son coût modique, ses données historiques et l’existence d’un réseau d’observateurs compétents. Les sites de l’île Renote à Trégastel, de la pointe de Bloscon à Roscoff et surtout du meilleur site de suivi de Bretagne nord situé à Brignogan. Tous ces sites sont situés dans le périmètre immédiat du projet BNO.

Nous disposons de nombreuses données, et notamment d’une série temporelle publiée sur la base données néerlandaise Trektellen depuis plus de 20 ans à Brignogan :

https://www.trektellen.nl/count/view/237/20261023

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Océanite tempête : Pointe de Bloscon lors de la Tempête Austen – 23 octobre 2026
  1. Les sorties en mer ne sont effectuées que par vent faible (Vent ≤ 15 nœuds en pratique). Elles n’échantillonnent donc jamais les situations de vent modérés et de coup de vent qui concentrent les oiseaux. Le seawatching fonctionne au contraire avec tous les vents et notamment grâce à ces conditions de vent de plus de 15 nœuds.
  2. Les résultats : les deux jeux de données ne mesurent pas la même réalité. Les sorties en mer photographient des densités de « fond » par mer calme ; le seawatching capte les flux actifs et les passages d’oiseaux météo-dépendants.
  3. Ce sont des données complémentaires et orthogonales : leur confrontation permet même de séparer variation d’abondance réelle et variation de répartition (les oiseaux sont contraints près de la côte par vents projetant les oiseaux à la côte : « strong onshore winds »). C’est particulièrement le cas dans le cas du projet de production éolien offshore BNO.
  4. En faveur du seawatching pour un suivi loco-régional : effort constant, série longue, coût dérisoire, phénologie fine, interception de flux cohérents année après année. Les biais (distance, dérive) sont stables dans le temps → tendances relatives valides. Données rétrospectives et séries longues disponibles.
  5. En faveur des sorties en mer: échantillonnage de l’ensemble du domaine pélagique, données quantitatives, couverture spatiale, détection des oiseaux au repos non visibles devant un point de côte. Contre : Le coût des sorties en mer peut être très élévé.

CONCLUSION

Les données obtenues en mer par vent faible sont un instantané quantitatif biaisé par le « calme », tandis que le seawatching est un compteur de flux biaisé par le « vent ». Pour un suivi loco-régional standardisé, le seawatching gagne sur trois plans : constance protocolaire, longévité de la série, et couverture de la dimension temporelle (phénologie) que les sorties en mer qui sont sporadiques et conditionnées par la météo, ne peuvent offrir. Leur coût est par ailleurs extrêmement élevé.

Si on veut être sérieux, dans le cas du projet Bretagne Nord-Ouest il faut coordonner les deux : les densités pélagiques obtenues servent d’ancrage quantitatif, le seawatching de série temporelle continue.

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Les données obtenues en mer par vent faible sont un instantané quantitatif biaisé par le « calme », tandis que le seawatching est un compteur de flux biaisé par le « vent ».